Chute de lumière — photographie noir et blanc de Richard Maltais

Ce que je retouche (et ce que je ne retouche pas)

On me demande souvent si mes photos sont très retouchées. La réponse est simple : non. Mais elle mérite d’être expliquée, parce que je retouche quand même — juste pas comme on l’imagine.

L’image naît dans l’appareil

Avec le mouvement intentionnel de l’appareil, tout se joue au moment de la prise de vue. C’est mon geste — la direction, le rythme, l’amplitude — qui fait glisser les formes dans l’image. Une fois le déclencheur enfoncé, la photo existe. Ce qui suit ne la transforme pas, ça la révèle.

Mon workflow, étape par étape

Je photographie en RAW. Pas par coquetterie technique : le fichier brut me donne toute la matière pour travailler la lumière proprement, sans la dégrader.

Ensuite, j’applique le noir et blanc — le même que celui de mon boîtier. Je cherche à retrouver à l’écran ce que je voyais dans mon viseur au moment de shooter. Pas un noir et blanc d’emprunt, le mien.

Et après ? Je touche à deux choses : la lumière et le contraste. J’éclaircis ici, je densifie là, je donne à l’image le relief qu’elle avait dans ma tête. C’est tout.

Ce que je ne fais pas

Je ne déplace rien. Je n’enlève rien. Je n’ajoute rien. Pas de ciel remplacé, pas de passant effacé, pas de texture collée. Si une photo ne fonctionne pas à la prise de vue, aucun logiciel ne la sauvera — et je la mets de côté.

C’est un choix. Je veux que mes images restent honnêtes : ce que vous voyez, c’est ce que mon geste a produit dans la rue, avec juste la lumière et le contraste pour lui donner sa pleine présence.

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